Regrouper pour gérer et mobiliser la petite et moyenne forêt privée (suite et fin)
Quelques exemples réussis:
Couvrant une vingtaine de communes, l'ASGF des Cévennes ardéchoises porte une Plan Simple de Gestion (PSG) de 725 Ha (par la suite 1.100 Ha) partagés entre 51 propriétaires. Dans un secteur qui produisait très peu, la mobilisation est passée de zéro à 2 m3 par Ha et par an en quelques années.
L'ASGF du Bas-Dauphiné regroupe 736 Ha sur un immense massif de 45.000 Ha concernant 217 communes sur le modèle "puzzle". 1.800 m3 ont été mobilisés sur 124 Ha de coupes soit, avec un retour tous les 5 ans environ 4,5 m3 par Ha et par an. 3 km de pistes forestières et 6 places de dépôt ont été également aménagés.
Grâce à ce regroupement, une sylviculture plus élaborée de futaie jardinée est pratiquée, en excluant les coupes rases, et les produits ont pu être triés, entre l'énergie, le piquet et la grume. Enfin, un programme de compensation carbone a pu être mis en place grâce au stockage supplémentaire apporté par cette sylviculture en comparaison du traitement en taillis.
L'ASGF de la Pierre Sanglante dans la Drôme couvre 7 communes et s'est dotée d'un PSG sur 508 Ha rassemblant 38 propriétaires forestiers. 500 t de bois énergie ont pu être valorisés sur 30 Ha, en limitant la coupe rase; un entrepreneur forestier a pu s'installer, accompagné par un régisseur occupé à tiers-temps.
Un bilan globalement positif:
On constate que ce regroupement pour l'action par les Associations Syndicales Libres de Gestion Forestière (ASLGF) a de nombreux avantages: mobilisation immédiate et peu coûteuse, création d'une gouvernance locale mettant à l'abri le technicien ou la technicienne du CNPF des pressions des opérateurs en place pour conseiller les propriétaires vers tel ou tel prestataire, possibilité de diffuser des techniques de sylviculture plus élaborées, augmentation du taux de forêts gérées durablement, création d'emplois locaux.
Le but est de parvenir à réaliser la meilleure densité de mobilisation à l'hectare moyen par association, en empruntant à la technique des "cueilleurs de cerises", qui récoltent intégralement une branche avant de passer à la suivante.
Un inconvénient fonctionnel réside dans le fait que les PSG concertés doivent être révisés régulièrement à mesure que les nouveaux adhérents rejoignent l'association. Par ailleurs les parcelles dont les propriétaires sont introuvables ou en indivision et qui sont in fine non gérées constituent des "dents creuses".
Parallèlement il ne serait pas inutile de proposer, à mesure que les propriétaires se connaissent au sein même de chaque association, que des bourses d'échange et de vente de parcelles permettent d'agrandir petit à petit la surface moyenne de chaque propriétaire, en utilisant notamment l'article L 124-3 du Code rural, qui permet de s'affranchir des frais de notaire, en faisant sanctionner le transfert de propriété par le Conseil départemental à moindre frais.
Remerciements aux auteurs, Michel de Galbert et Christophe Barbe. (Projet d'article pour La Revue Forestière Française-2016)